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Maisons

Au départ il était question d’insomnie et d’une pellicule sensible à la lumière tungstène. Mais surtout il y avait ces maisons endormies sous la lumière de la rue, les volets clos, le silence d’après minuit et les nuages qui créent un halo lumineux coloré.

Des pavillons de banlieue construits entre les années 40 et 60. Architecture du mouvement moderne, mêlée de régionalisme. Graphiques, organisées, structurées, homogènes, elles sont le symbole d’une époque et d’un niveau de vie. Pourtant sans prétention, ces constructions prennent une autre dimension, saturées de couleurs nocturnes.

Elles livrent une histoire intime et communautaire d’une région.

Structure physique de la vie familiale, la maison est gardienne d’une histoire collective. Nous l’investissons, l’aménageons, nous y créons un univers personnel et rassurant. Prolongement bâti de notre identité, la maison confie à travers ses strates d’enduits et de peintures, les fragments d’une intimité commune.

La pose longue et la pellicule révèlent une atmosphère étrange. 8 minutes, le temps se dilate sur l’émulsion. La photographie permet de figer la durée, arrêter le temps et donner à voir une réalité incertaine.

Ces « Maisons » portent l’histoire et la mémoire d’une certaine mode architecturale, de ceux qui l’habitent, et de ces 8 minutes où je ne dormais pas.